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Ouverture des données Centris: ce que Toronto nous a appris

L’APCIQ ouvrira l’accès aux données Centris d’ici un an. Ce que l’expérience de Toronto enseigne aux courtiers et aux agences du Québec.

Publié

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Mis à jour

Felix Loiselle

Responsable de la croissance

En bref

  • Le 15 octobre 2026, le Bureau de la concurrence et l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) ont conclu une entente sur l’accès aux données Centris.

  • D’ici un an, l’APCIQ fournira à ses membres un flux de données incluant les prix de vente et l’historique des inscriptions.

  • Toronto a vécu la même ouverture en 2018 : les courtages y ont bâti de nouveaux outils, dans un cadre strict d’accès et d’utilisation.

  • Au Québec, la Loi 25 et la Loi sur le courtage immobilier encadreront la mise en place.

L’entente sur l’accès aux données Centris, conclue le 15 octobre 2026 entre le Bureau de la concurrence et l’APCIQ, n’arrive pas de nulle part. Le Bureau la présente lui-même comme la suite de l’affaire du Toronto Real Estate Board, tranchée en 2016 et confirmée en 2018.

Le Québec a donc un avantage rare : huit ans de recul sur ce qui se passe quand les données immobilières s’ouvrent. Voici ce que Toronto nous a appris, et ce que les courtiers et les agences d’ici peuvent en retenir.

Deux dossiers, une même logique

À Toronto comme au Québec, le Bureau de la concurrence a contesté les restrictions d’une association qui contrôlait l’accès aux données de ses membres.


Date

Marché

Étape

Octobre 2026

Québec

Entente entre le Bureau et l’APCIQ, en vigueur pour dix ans

2025

Québec

Deuxième ordonnance judiciaire pour poursuivre l’enquête

2023

Québec

Première ordonnance judiciaire visant l’APCIQ

Août 2018

Toronto

La Cour suprême refuse d’entendre l’appel du TRREB

2016

Toronto

Le Tribunal de la concurrence donne raison au Bureau

Mai 2011

Toronto

Le Bureau dépose sa demande contre le TRREB

À Toronto, le conflit portait sur deux points : l’interdiction d’afficher les prix de vente sur les plateformes en ligne sécurisées des courtiers, et l’exclusion de ces données du flux fourni aux membres. Le TRREB invoquait la vie privée; le Tribunal a conclu qu’il disposait déjà du consentement nécessaire pour afficher ces données.

Ce qui s’est passé après l’ouverture

Peu après la décision de la Cour suprême, le TRREB a fourni à ses membres un flux de données incluant les ventes. Plusieurs courtages ont rapidement bâti des outils de recherche inspirés des grands portails américains, certains affichant plus d’une décennie d’historique de ventes.


« On suit le dossier du TRREB depuis plus de cinq ans, parce qu’on savait que le Québec finirait par suivre. Ce qui nous a le plus frappés, c’est la vitesse à laquelle les attentes des acheteurs ont changé. Une fois que les prix de vente sont devenus accessibles en ligne, plus personne ne voulait revenir en arrière. Les courtiers qui avaient les bons outils dès le départ ont gagné la confiance de leurs clients. Les autres ont passé des années à rattraper des agences technos qui avaient misé sur l’expérience en ligne avant eux. »

Julien Fiset, responsable de la stratégie chez Centiva

L’ouverture n’a pas été sans règles

Toronto montre aussi qu’une ouverture des données vient avec un cadre, et que ceux qui l’ignorent doivent reculer.


  • Accès protégé : les consommateurs devaient passer par une plateforme sécurisée exploitée par un membre. Plusieurs courtages qui affichaient d’abord les ventes sans inscription ont dû s’y conformer.

  • Aucune revente : le TRREB a averti que les données ne pouvaient être aspirées, revendues ni monétisées.

  • Historique limité : le TRREB a fini par limiter l’affichage à deux ans de données de vente.

  • Publicité encadrée : le régulateur ontarien a précisé que l’affichage des ventes sur ces plateformes n’est pas de la publicité, mais que les règles de publicité continuent de s’appliquer ailleurs.

La leçon : les outils qui ont duré sont ceux qui avaient été pensés pour respecter le cadre dès le départ.

L’erreur à éviter : laisser filer la relation client

Quand les données s’ouvrent, la vraie question n’est pas qui y a accès, mais qui en fait profiter le client. C’est là que tout se joue.

« À Toronto, les données se sont ouvertes, mais ce ne sont pas toujours les courtiers traditionnels qui en ont profité. D’autres joueurs, plus rapides sur la technologie, ont capté la relation client. Au Québec, on a l’occasion de faire l’inverse : que cette ouverture renforce votre lien avec vos clients au lieu de vous mettre en concurrence avec un portail. »

Julien Fiset, responsable de la stratégie chez Centiva

Pourquoi le Québec ne copiera pas Toronto

L’APCIQ a elle-même souligné que les lois québécoises sont plus contraignantes que dans le reste du Canada, notamment en matière de renseignements personnels. Elle prévoit encadrer la mise en place selon la Loi sur le courtage immobilier et la Loi québécoise sur la protection des renseignements personnels.


« Le Québec a ses propres règles du jeu : un Centris très fort auprès du public, la Loi 25 qui encadre strictement la vie privée, et un marché francophone que les joueurs du reste du Canada connaissent mal. Pour les courtiers d’ici, c’est un avantage, à condition d’être prêts avant que d’autres arrivent avec leurs outils. »

Julien Fiset, responsable de la stratégie chez Centiva

Autrement dit, les outils qui fonctionnent à Toronto ou aux États-Unis ne pourront pas être simplement transposés ici. Ils devront être conçus pour le cadre québécois.

Huit ans d’avance, à condition de s’en servir

Toronto a appris en marchant. Le Québec peut apprendre en regardant : les attentes des acheteurs vont évoluer vite, le cadre comptera autant que les outils, et la relation client ira à ceux qui seront prêts.

Vous voulez préparer votre site et vos outils à cette évolution du marché? Parlez-en à votre stratège Centiva.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’entente entre le Bureau de la concurrence et l’APCIQ? C’est une entente par voie de consentement conclue le 15 octobre 2026 et enregistrée au Tribunal de la concurrence pour dix ans. L’APCIQ s’y engage à fournir à ses membres un flux de données immobilières issu de Centris.

Quelles données seront accessibles? Le flux comprendra notamment le prix de vente, l’historique des inscriptions et les caractéristiques physiques des propriétés.

Quand le flux de données sera-t-il disponible? L’APCIQ prévoit mettre en place l’ensemble des mesures au cours de la prochaine année. Les modalités techniques n’ont pas encore été publiées.

Les acheteurs pourront-ils consulter les prix des propriétés vendues? Selon l’APCIQ, les courtiers pourront donner accès à certaines données, notamment sur les propriétés vendues, dans le cadre de leur relation avec leur client et au moyen de plateformes sécurisées.

Qu’est-ce que l’expérience de Toronto enseigne aux courtiers du Québec? À Toronto, l’ouverture de 2018 a permis aux courtages de créer de nouveaux outils, mais dans un cadre strict : accès protégé, interdiction de revendre les données et historique limité à deux ans. Les outils qui ont duré respectaient ce cadre dès le départ.

Sources

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Huit ans d’avance, à condition de s’en servir

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